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Union Africaine : La création d’un marché unique africain va engendrer la libéralisation du ciel.

La signature du projet de marché unique par 44 pays africains à la fin 2018 ouvre la voie à la libéralisation des ciels africains avec la mise en oeuvre du Marché Unique de Transport Aérien en Afrique, dit ”Open Sky,” qui à son tour pourra engendrer un boom en trafic aérien intra-africain et dynamiser le tourisme sur le continent.

L’Union Africaine anticipe des avancées dans l’intégration économique de l’Afrique grâce au ”marché unique aérien”. Une fois libéralisé, cet espace permettra une amélioration de la connectivité des pays africains, une réduction des prix des billets de 25% à 35% selon les estimations de l’UA, et le développement du tourisme et des échanges commerciaux intra-africains.

Selon la Commission Africaine de l’Aviation Civile, 28 pays à ce jour ont adhéré au Marché Unique de Transport Aérien en Afrique (MUTAA), soit plus de la moitié des pays du continent. Ces pays s’engageraient à adopter les mesures du MUTAA, qui prévoit de libéraliser totalement les fréquences, les tarifs, et les capacités des avions.

Jusqu’à présent, les freins sur ce marché avaient pour principale conséquence de favoriser les compagnies étrangères, qui contrôlent à ce jour 75% du trafic aérien entre l’Afrique et le reste du monde.

Représentant 15% de la population mondiale, le continent africain ne compte que pour 3% du trafic aérien. L’Union Africaine espère que l’Open Sky fera croître le nombre de passagers africains de 200% à l’horizon 2035.

Tewolde Gebremariam, le PDG d’Ethiopian Airlines, la plus importante ligne aérienne africaine, regrette que seulement 16% du commerce des pays africains est avec d’autres pays africains, alors qu’en Union Européenne, 60% du commerce est entre pays membres. 

En ce moment les marchés africains sont petits et fragmentés,” dit-il. ”Par exemple peu de gens voyagent entre l’Ouganda et l’Éthiopie par avion, parce que c’est cher, donc il y a peu de vols car peu de voyageurs.” 

Il affirme que le nouveau passeport africain et l’élimination de visas entre pays membres, parmi les projets du marché unique, vont dramatiquement changer la donne et faire exploser le transport aérien intra-africain. 

Les gouvernements africains dépenses des sommes énormes en infrastructure de transport,” a-t-il dit lors d’une interview avec la BBC diffusée le 18 février. ”Mais il leur suffit de construire une piste d’aterrissage de trois kilomètres de long et ils seront connectés au monde.

Bien qu’ayant un secteur aéronautique fort, les pays du Maghreb n’ont pas été réceptifs aux initiatives de l’UA par la crainte de subir une concurrence plus féroce.

ll faut souligner que si le Maroc rejoint le MUTAA, l’ensemble des compagnies des pays signataires auront le droit d’atterrir sur les aéroports du royaume, ce qui constituera une concurrence redoutable, à même de grignoter des parts de marché à la compagnie Royal Air Maroc, sachant qu’elle opère actuellement sans concurrent sur l’écrasante majorité de ses lignes africaines,” explique le journaliste Oumar Baldé sur le site LesEco.ma.

Deux autres grands projets économiques sont en cours, la création de la Zone de Libre-Echange Africaine, ainsi que le projet de passeport africain liberalisant la circulation des citoyens africains sur le continent. Ces trois projets sont complémentaires, et accéléreraient ensemble l’intégration du continent.

Emile Glass.

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