UA: Al-Sissi sera-t-il un président de l’UA aussi engagé et déterminé que son prédécesseur Kagame?

Sous la présidence du Rwandais Paul Kagame, l’Union Africaine a vécu une série de réformes et de projets sans précédent, notamment la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) signé par 49 états en mars 2018. Avec l’accession de l’Egyptien Abdel Fattah al-Sissi au 32eme Sommet de l’UA tenu à Addis Abeba dimanche et lundi, la question se pose si ces réformes, orchestrées par Kagame depuis 2016, continueront au même rythme.

Le nouveau président de l’UA paraît plus enclin à pencher sur des matières de sécurité que d’étendre l’autorité de l’UA. Il a notamment déclaré que son mandat se focaliserait sur le “renforcement de la sécurité et de la paix sur le continent africain“, et que “la médiation et la diplomatie préventive demeureront les priorités de l’Union Africaine.

M. Al-Sissi a toutefois indiqué lors de son premier discours que “l’accélération de la mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine“, un des projets phares de l’UA pour renforcer l’intégration du continent, serait un des “pilliers” de son mandat. 

M. Al-Sissi paraît moins porté sur les réformes financières et administratives amorcées par M. Kagame. Les observateurs n’attendent pas un mandat aussi actif que le dernier, les grandes puissances étant généralement réticentes à voir une UA trop forte ou trop intrusive. Notamment le Nigeria, une des premières puissances économiques du continent, montre une tendance protectionniste croissante, et une réticence à participer à la création d’un marché unique.

Un bilan aussi lourd que mitigé se dresse sur le mandat de M. Kagame. Son avancement de la ZLEC, visant à intégrer les diverses entités régionales en un marché commun pour dynamiser les échanges intra-africains, est un essai qui devra être transformé par M. Al-Sissi, en allant notamment chercher les quelques dernières signatures pour que le plan entre en vigueur.

“En enlevant les droits de douane ainsi que les frais reliés à ceux-ci, on attend d’ici à 2022 une augmentation du commerce intra-africain s’élevant à 60 %,” Albert Muchanga, ancien commissaire de l’UA au Commerce et à l’industrie, a affirmé à l’agence AFP.

L’instauration d’une taxe de 0,2 % sur les importations permettant d’assurer l’indépendance financière de l’UA – dont plus de 54 % du budget 2019 proviendra de donateurs étrangers – doit encore conquérir les réticences de plusieurs états membres, l’Egypte en tête. M. Kagame avait instauré à cet effet des sanctions pour les états ne versant pas leurs contributions.

La création d’un “fonds pour la paix“, et la réduction du nombre de commissions, figurent aussi parmi les réussites du mandat 2018. Un des revers majeurs de Kagame était le rejet par la majorité des états membres du projet de donner au chef de la Commission de l’UA le pouvoir de nommer ses propres adjoints et commissaires.

Emile Glass

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