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Sotchi : Le tournant africain d’une Russie ambitieuse ?

Le Sommet de Sotchi a réuni du 23 au 24 août 40 Chefs d’État africains autour du Président russe, Vladimir Poutine. Ils ont exprimé leur volonté commune d’intensifier leurs relations politiques, économiques et diplomatiques.

Le jeu de séduction de la Russie était bien préparé et semblait se démarquer de ce que les Africains ont l’habitude d’entendre. « La Russie est capable d’offrir une aide sans condition politique aux pays africains contrairement à l’occident », déclarait le dirigeant de la Russie.

C’est en position de force que le Président Poutine espère doubler les échanges avec le continent africain d’ici 5 ans pour atteindre 40 milliards de dollars. La Russie a d’ailleurs affirmé qu’il avait déjà obtenu des engagements économiques avec l’Afrique pouvant s’élever à plus de 11,2 milliards d’euros.

Depuis la reprise des arbitrages internationaux en Syrie, notamment entre les autorités militaires turcs et kurdes, la Russie peut s’imposer comme une puissance incontournable : Le Président russe en a profité pour proposer des partenariats dans de nombreux secteurs :  l’extraction minière, les hydrocarbures, l’armement et le nucléaire civil.

Dans ce dernier domaine, le Rwanda a confirmé le projet de construction d’une centrale nucléaire d’ici 2024 et l’Égypte poursuit le développement de ses équipements nucléaires qui sont déjà fonctionnels sur son territoire.

Les Africains et les Russes doivent encore définir leur stratégie commune au niveau diplomatique. Ils sont d’accord pour s’unir au sein des instances internationales pour peser dans les décisions et les nominations des postes importantes. Les Présidents Africains ont aussi conditionné leur soutien à l’obtention d’un siège africain permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.  

Le Sommet s’est terminé avec une intention commune de renouveler plus régulièrement ce type d’échanges. Si la Russie peut écrire une nouvelle page avec l’Afrique sans avoir le même passé commun que ses concurrents européens. Le pari africain de la Russie n’est pas encore remporté car elle fait face au soft power des uns et aux moyens financiers démesurés des autres.

Matthieu Remonnay, Fondateur de Afrique Business Info

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