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Nigéria: Buhari et son challenger Abubakar misent sur le pétrole pour relancer l’économie.

Espérant chacun être élu au soir du 23 février à la tête du Nigéria, le président candidat Muhammadu Buhari et son principal challenger, l’ancien vice-président Atiku Abubakar, misent sur la bonne gestion du pétrole nigérian pour relancer “l’économie contrastée” du pays le plus peuplé de l’Afrique.

Selon le Bureau national des statistiques (NBS) du Nigéria, sur 196 millions d’habitants que compte le premier producteur africain de pétrole, 70% vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Une inégalité que souhaitent réduire M. Buhari, 76 ans, et M. Abubakar, 72 ans, s’ils sont élus chacun président.

Toutefois, les deux favoris à la magistrature suprême sont conscients que cette performance visée passera par une meilleure gestion des ressources pétrolières du pays.

Défendant bec et ongles son mandat de quatre ans, marqué par une longue maladie et une crise économique en 2016, M. Buhari n’a pas hésité, à deux mois de la présidentielle, à présenter devant l’Assemblée un budget de 26 milliards d’euros. Ce budtet est basé selon lui sur les hypothèses d’une production moyenne de brut de 2,3 millions de barils par jour, d’un prix de 60 dollars (53 euros) le baril et d’un taux de change de 305 nairas, la monnaie locale, pour un dollar.

Tout au long de sa campagne, l’actuel président, accusé de corruption et de mauvaise gestion par M. Abubakar, a promis “d’assainir le milieu du pétrole nigérian.” Il a affirmé vouloir mettre les dividendes au profit du service de la dette et aux populations, plutôt que de les laisser servir les intérêts des groupes armés, qu’il avait juré de combattre, lors de son élection en 2015.

Pour l’économiste principal chargé du suivi des marchés émergents chez le cabinet de recherche londonien, Capital Economics, John Ashbourne, “les bas prix du pétrole pèseront sur la croissance en 2019“, et “les perspectives à long terme dépendent fortement des résultats de l’élection présidentielle“.

Quant à M. Abubakar, il s’est engagé à mettre en place, avec les revenus d’un secteur pétrolier assaini, un fonds de près 22 milliards d’euros. Le fonds serait destiné à soutenir les investissements du secteur privé tout en augmentant la part des infrastructures à 50% du produit intérieur brut d’ici 2025.

Tous ces vœux pieux des deux prétendants à la présidence pour tenter d’améliorer l’indice économique et le contraste social au Nigéria devront être rapidement concrétisés pour permettre à l’une des plus importantes économies d’Afrique de l’Ouest de ne pas sombrer“, a récemment commenté le chef local de l’agence brittanique Reuters.

Quel que soit le nouveau président du Nigéria, il aura aussi la tâche d’intensifier la lutte contre la corruption bancaire et le financement de groupes armés. Vendredi, la Commission Européenne a annoncé avoir proposé le Nigéria pour être ajouté à une liste noire de quatre pays africains à risque élevé en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.

Si l’inscription sur la liste noire européenne ne déclenche pas de sanctions envers ces pays, elle permet à l’UE d’exercer certaines pressions, en obligeant les banques européennes à appliquer des contrôles renforcés sur les opérations financières impliquant des clients ou des établissements financiers dans ces pays.

L’élection nationale était prévue pour le 16 février mais a été reportée quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote par la commission électorale, invoquant des ”écueils logistiques”.

Ange Tiemoko.

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