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Maurice : sa croissance dépend de sa capacité à retenir les capitaux étrangers.

L’île Maurice depuis des années a su attirer grand nombre d’investisseurs étrangers, mais à l’image d’un seau percé, le pays n’arrive pas à retenir suffisamment ces capitaux pour les faire fructifier en interne. 

C’est une des conclusions d’une étude commanditée par la Mauritius Commercial Bank (MCB), principale banque commerciale de l’ile Maurice, auprès d’Utopie, un cabinet de consulting français spécialisé dans le développement durable. 

Arnaud Florentin est directeur associé chez Utopies et auteur du rapport rendu public la semaine dernière par MCB, ”Fuites économiques et relocalisation : Une opportunité de prospérité durable pour Maurice”. Il explique que le succès d’une nation ne se mesure plus seulement qu’à l’indicateur d’un produit national brut. Il également fonction de la richesse environnementale, culturelle et économique. 

Et la capacité d’un pays à conserver la richesse détermine généralement le tiers de la prospérité du territoire. Cet argent injecté devrait circuler plus localement pour stimuler les industries, l’emploi et la croissance, générant un cercle vertueux qu’on appelle l’effet multiplicateur local. 

Or, malgré des revenus externes en croissance depuis 20 ans, la capacité de Maurice à faire circuler ses richesses est en baisse constante de 25% en 10 ans. 

Afin d’imaginer ensemble comment réactiver cette dynamique locale, La MCB a souhaité partager les résultats de cette étude avec les principaux acteurs de l’économie mauricienne. 

Le rapport propose trois scénarios économiques. Le premier est de laisser l’économie suivre sa croissance actuelle. A titre de 3-4% de croissance du PIB annuel, le revenue/habitant sera doublé en 2035, toute chose égale. 

La seconde solution serait de multiplier par deux les revenus extérieurs, à condition que le pays puisse supporter plus de flux touristiques, plus d’exportations industrielles ou d’activités financières à l’international. Il pourrait y avoir un revers à cette médaille, trop artificielle et rapide. 

La troisième solution, symbolisée par le logo ‘‘lokal is beautiful”, est plus hybride donc plus attirante. Elle viserait à augmenter les revenus extérieurs de 50% et l’effet multiplicateur de 25%. Pour ce faire, Maurice doit relancer son économie locale, favoriser le ”Made in Mauritius” et devenir une île plus ‘’fabricante”, favorisant les starts-ups. Maurice devra alors avoir une économie plus circulaire, pour produire avec le maximum de ressources locales.

Valérie Imbert.

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