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Le Forum Afrique 2019 adresse l’avenir du digital et des startups en Afrique.

Forum Afrique 2019 a réuni vendredi à Paris plus de 600 profils éminents de l’investissement en Afrique pour y aborder les nouvelles perspectives économiques du continent. Il est en sorti l’importance majeure de l’informel dans l’économie africaine, son évolution dans le secteur digital, et le rôle croissant des startups.

Une quinzaine d’intervenants ont cherché à savoir si le digital en Afrique pouvait durablement changer la donne, et de quelle manière le manque actuel de structure laisserait place à la consolidation d’une économie pérenne.

En effet, l’économie africaine est dominée par le secteur informel. Mais ce secteur change, se professionnalise, et devient porteur. Lagos ne comptait aucun incubateur il y a encore 10 ans, puis est devenu un des plus importants pôles de startups d’Afrique. 

“Il faut faire le pari que 90% de l’économie africaine repose sur l’informel” affirme Samir Abdelkrim, auteur de Startup Lions. Il préconise ”d’apporter des liquidités aux écosystèmes pour valider cette hypothèse du numérique comme porteur de l’économie.

Les banques s’intéressant plus à la rentabilité qu’au potentiel des innovateurs, le manque crucial de financement se fait ressentir. Mais les banques sont aussi dans une position de veille du marché très intéressante car elles voient défiler tous les business plans des startups cherchant des fonds.

“On remarque partout en Afrique une forte présence des grands groupes, et une réticence des plus petits acteurs qui ne savent pas comment fonctionnent ces marchés plus modestes,” affirme Nuno de Alaya Boaventura, de Steering Legal, qui adresse la difficulté pour les plus petits investisseurs de bénéficier d’un réseau efficace et fiable.

Trois éléments sont générateurs de croissance, selon les intervenants : Les grands groupes, les investisseurs, et les startups. 

Des incubateurs sont donc essentiels pour développer cet écosystème. C’est sur quoi portent les efforts de plusieurs groupes comme Air France, très impliqué dans le développement du paysage startup africain.

“C’est dans ce cadre que nous avons dressé un palmarès des 100 startups où investir en Afrique,” affirme Christina Ribault, directrice de Start Tech Accelerator, l’incubateur de AirFrance.

Le développment du digital en Afrique fait face à un autre défi: la fuite des cerveaux. Certains pays comme le Maroc mettent en place une politique agressive pour ramener la diaspora, et aussi pour attirer les jeunes innovateurs d’autres pays.

“Nous observons la rapidité à laquelle sont délivrées les cartes de séjour et de travail au Maroc,” a dit Lamia Merzouki, de Casablanca Finance City. “Tous ces fast-tracks sont duplicables aux autres pays. Mais il y a des prérequis pour être un hub comme le Maroc, comme la connectivité aérienne, la qualité des infrastructures et des cadres légaux… Et cela n’est pas facilement duplicable.

Emile Glass.

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