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L’Afrique de l’Est : Des économies émergentes dans un contexte de tensions naissantes.

La République Démocratique du Congo de Félix Tchisekedi vient  de demander l’adhésion de son pays à la Communauté Africaine de l’Est. Forte de ses ressources naturelles qui semblent inépuisables, de sa démographie et de sa position stratégique au centre du continent, cette candidature est à première vue une bonne nouvelle pour les économies est-africaines.

L’Union douanière, le marché commun et les avantages fiscaux de la Communauté Africaine de l’Est sont des atouts qui ont permis au président congolais d’oublier les différends avec ses voisins, notamment avec le Rwanda et l’Ouganda, et de déposer la candidature de la RDC au président actuel de l’organisation régionale, le chef d’État du Rwanda, Paul Kagame.

Les autorités congolaises savent que les indicateurs économiques sont au vert en Afrique de l’Est et les projets d’investissement dans les secteurs des NTIC et des infrastructures sont nombreux: L’Ouganda a annoncé investir 182 millions d’euros pour la réhabilitation de la ligne ferroviaire entre Kampala et Malaba qui se situe à sa frontière avec le Kenya. Le nouveau centre de transformation numérique inauguré au Rwanda le 13 mai offre aux entrepreneurs des bonnes conditions pour tester leurs innovations et prototypes, ce qui favorisera la commercialisation de produits numériques de haute valeur ajoutée.

La candidature déposée par Félix Tchisekedi sera étudiée lors du prochain sommet de la Communauté Africaine de l’Est en novembre. Elle s’inscrit aussi dans un contexte de tensions politiques entre les partenaires est-africains. Après la détention de 20 Rwandais en Ouganda, jugée illégale par le gouvernement rwandais, la confiance entre les deux pays se détériore, ce qui pèse sur les actions communes en matière de sécurisation de la région.

Le boycott remarqué de la délégation burundaise de la réunion du 6 et 7 juin des agents de renseignement des quatre pays de la région des Grands Lacs (RDC, Rwanda, Burundi et Tanzanie), confirme la méfiance entre les partenaires est-africains qui sont face à des défis importants, notamment la lutte contre le terrorisme et le combat contre les forces rebelles.

Depuis l’élection du président de la RDC, on observe avec surprise des échanges réguliers et soutenus entre ce pays et le Rwanda, ce qui est encourageant compte tenu des tensions anciennes et persistantes entre le pays des mille collines et le grand Congo.

S’il y a encore des rivalités et tensions entre les six pays de l’Afrique de l’Est (Rwanda, Ouganda, Burundi, Tanzanie, Kenya et Sud Soudan), souvent profondes, de grands projets d’investissements et la montée en puissance d’une jeunesse connectée et tournée vers l’avenir peuvent décider ces économies émergentes à dépasser leurs intérêts divergents.

Matthieu Remonnay, Fondateur d’Afrique Business Info.

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