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La République Démocratique du Congo: Un nouveau souffle économique ?

L’élection surprise de l’opposant Félix Tshisekedi a le potentiel de donner un nouveau souffle économique à la République Démocratique du Congo, à condition que le nouveau gouvernement puisse rassurer investisseurs et autres acteurs économiques face aux contestations des résultats.

 La Commission Nationale Electorale Indépendante a enfin partagé le verdict des urnes et proclamé Félix Tshisekedi vainqueur des élections présidentielles du 30 décembre 2018. Recueillant 38,57% des voix, il bat ses compétiteurs, Martin Fayulu (34,83%) et Emmanuel Ramazanie Shadary (23,84%) qui était soutenu par le président sortant, Joseph Kabila.

Ces résultats sont contestés par Martin Fayulu et ses sympathisants. Si la France et l’église catholique congolaise semblent acter l’annonce des résultats, ils ont émis des réserves sur la conformité entre les résultats annoncés et les votes des Congolais. Washington a rappelé la possibilité d’une révision des résultats provisoires afin « qu’ils reflètent la volonté du peuple congolais exprimée dans l’urne ».

Compte tenu du poids économique et de la dimension stratégique du Congo, les acteurs économiques, notamment les entreprises et les fonds d’investissements observent avec attention le processus de transition politique qui a déjà commencé.

Si le pays évite une crise politique profonde et les divisions entre les différents partis politiques congolais, on peut s’attendre à une reprise économique soutenue par la bonne tenue des industries manufacturières, des secteurs de la construction et du commerce.

Le Congo a de nombreux atouts économiques, notamment dans le tourisme avec 63 réserves naturelles exceptionnelles (jardins botaniques et parc nationaux), avec la plus grande réserve mondiale de cobalt et des quantités de minerais tels que diamants, or et cuivre.

Pour booster ce potentiel et pour développer durablement son pays, le président entrant de la RDC a plusieurs défis à relever.

Tout d’abord un enjeu sécuritaire, face aux agressions subies par la population congolaise venant de différents groupes rebelles, l’Etat congolais doit réussir à protéger ses zones économiques sensibles.

A travers la modernisation des institutions et des infrastructures, le Congo peut continuer à améliorer son climat des affaires pour les entreprises nationales et étrangères.

Tandis que le pays était le théâtre d’un conflit régional très long ces dernières années, « la guerre des Congo »,  qui a considérablement ralenti son développement économique, la nouvelle administration devra construire des relations soutenues, apaisées et durables avec ses voisins et l’ensemble de ses partenaires.

Si l’on voit des signes positifs dans les précédents accords de coopération dans les domaines de la protection de l’environnement entre le Rwanda et la RDC, les sanctions économiques encore imposées par l’Union Européenne sur le Congo appellent les uns comme les autres à construire une nouvelle relation économique.

En clair, si les entreprises s’appuient déjà sur un potentiel économique congolais important, elles peuvent attendre de cette transition de nombreux changements positifs.

Matthieu Remonnay

Fondateur d’Afrique Business Info

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