A la Une

La nuit des idées 2019 à Abidjan : Interview de la présidente de l’Union des femmes handicapées.

La présidente de l’union nationale des femmes handicapées de Côte d’Ivoire, Anne-Cécile Konan, juge  « difficile » leur insertion socio-économique dans la société malgré les efforts des autorités. Interview réalisée le 31 janvier à Abidjan, lors du forum sur les femmes de pouvoir, La Nuit des Idées.

Afrique Business Info: Le thème de La Nuit des Idées 2019 est « Femmes de pouvoir face aux préjugés de la société ». La femme handicapée est-elle plus que les autres victimes des préjugés ?

Anne-Cécile Konan : Bien-sûr, nous subissons des préjugés. Raison pour laquelle nous avons créé notre association pour montrer un peu ce que nous savons faire. Je suis par ailleurs la secrétaire générale de la Fédération des associations des personnes handicapées de Côte d’Ivoire. Pour avoir ce poste, j’ai dû être membre du bureau pendant au moins cinq ans pour montrer ce que je vaux. Je me souviens qu’à mon arrivée, les membres du bureau d’alors ont décidé de juste me nommer secrétaire chargée des enfants parce qu’ils ne voyaient pas en quoi une femme pouvait contribuer à la promotion des personnes handicapées. C’est par mes compétences et les actions menées que je suis passée de SG chargée des enfants à femmes-enfants, puis SG chargée de l’éducation, puis de l’emploi, puis cheffe des servies programme chargée de la communication, avant d’être aujourd’hui la SG de la fédération. Quand on confie une responsabilité à une femme, les hommes ne voient pas cela d’un bon œil dans un premier temps. C’est par notre travail et détermination qu’on peut se hisser tout en haut.

La contribution des femmes handicapées à l’économie ivoirienne est-elle notable ?

Oui, elle l’est. Nous exerçons dans presque tous les domaines d’activité. Je peux vous citer le cas de la dame non-voyante, avocate à la Cour, présente parmi nous ce soir. Nous essayons de pouvoir contribuer à l’économie du pays mais sans engagement, c’est difficile. Tant qu’il n’y a pas de mesures d’accompagnement des personnes habilitées, il est difficile pour nous de s’intégrer dans le tissu socio-économique. En Côte d’Ivoire, des efforts sont faits par les autorités pour notre insertion, mais ils ne sont pas aussi rapides qu’on l’aurait voulu.

Quel est l’intérêt, selon vous, de mettre les femmes à l’honneur, lors  d’un tel événement?

J’estime qu’il est très important qu’on puisse permettre aux femmes, de divers domaines d’activités, de pouvoir échanger, de s’imprégner de  ce que l’autre fait pour améliorer ce que l’on fait déjà. J’ai d’ailleurs été très impressionnée de voir ces femmes qui font la peinture, la mécanique. Je sais que les femmes peuvent exercer ces activités, mais j’ignorais qu’elles ont un aussi grand talent. En tant que présidente d’une organisation qui fait la promotion de la femme en situation de handicap, il est question pour moi d’encourager celles qui ont un talent à pouvoir le manifester.

Roland Klohi.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *