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En Afrique, le taux de l’emploi à la baisse malgré une croissance économique forte.

L’Afrique a produit des statistiques de croissances parmi les plus fortes du monde, au cours de cette décennie. Mais cette performance économique n’a presque pas eu d’impact sur l’emploi, selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

‘‘Sur 764 millions de personnes en âge de travailler sur le continent africain, les salariés sont minoritaires et représentent 28% de l’emploi total, avec 4,3% de personnes formellement au chômage’’, en dépit de la croissance à deux chiffres qu’affiche le tableau macroéconomique de la plupart des pays africains, a indiqué l’OIT.

Si le taux d’emploi reste toujours aussi bas en Afrique, malgré une croissance économique forte, cela est la conséquence du ‘‘modèle des économies africaines qui continuent de reposer essentiellement sur les secteurs traditionnels à faible productivité, dont l’exportation de produits de base et les dépenses publiques’’. Ce sont les conclusions de l’OIT, parues dans le rapport ”Emploi mondial et perspectives sociales – tendances 2019.

En effet, dans la quasi-totalité des économies africaines, les matières premières, notamment les hydrocarbures et les produits agricoles, les sources de richesses ne subissent pas de transformations approfondies avant d’être exportées, d’où le peu d’emplois créés.

Du coup, ‘‘les pays producteurs de ces matières premières ont seulement pour eux les honneurs liés à la quantité et à la qualité de leurs productions et ne profitent pas vraiment de tous les avantagent financiers des cours à l’international’’, a regretté le président malien Ibrahim Boubacar Kéita, en février 2019, lors d’une visite en Allemagne, souhaitant une industrialisation des pays africains.

‘‘Les Africains sont donc très peu consommateurs de ce qu’ils produisent et l’argent que génèrent leurs productions (est) additionné à l’enveloppe des impôts et réinjectés dans les salaires des fonctionnaires, dans le fonctionnement des hôpitaux, la construction de nouvelles écoles, etc’’, a expliqué l’économiste ivoirien et ancien président de l’Assemblée Nationale, Mamadou Koulibaly, dans un post sur Twitter.

Le faible taux d’industrialisation des pays africains a donc poussé les populations en âge de travailler vers le secteur informel qui cumule en moyenne 86% des emplois sur le continent. C’est une tendance qu’il faut inverser, ont convenu ce mois à Nairobi les présidents français et kenyan, avec la signature d’un accompagnement de 2,5 milliards d’euros pour booster plus de 10.000 PME en Afrique, d’ici 2022.

‘‘Sans changement structurel significatif, la plupart des emplois créés le seront probablement dans le secteur informel, où la productivité et les salaires sont bas et le travail précaire, rendant l’objectif d’éradication de l’extrême pauvreté d’ici à 2030 difficile à atteindre’’, selon un rapport de la Banque Africaine de Développement, dans son rapport sur les perspectives économiques 2019 pour l’Afrique.

La BAD relève que 18 des 20 pays au monde, où l’incidence de pauvreté extrême et modérée des travailleurs est la plus élevée, sont situés en Afrique subsaharienne.

Ange Tiemoko.

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