Démission du Président malien, vers une transition difficile ?

Je voudrais à ce moment précis (…) vous dire ma décision de quitter mes fonctions“. C’est la dernière déclaration du Président malien, Ibrahim Boubacar Keîta suite à la mutinerie de certains militaires qui a commencé dans la matinée du 18 août 2020.

En tant qu’institutions régionales et internationales, la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), l’Union africaine et le secrétariat de l’ONU (Organisation des Nations Unies) ont condamné l’arrestation du Chef d’État démissionnaire. Pour l’instant, le pays est isolé au niveau diplomatique, les pays voisins (Mauritanie, Algérie, Niger, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal et Guinée) ont d’ailleurs fermé leurs frontières dans ce contexte de crise politique nationale.

L’État malien fait face aux divisions politiques internes et aux attaques terroristes depuis plus de 10 ans. Si l’opération “Serval” a permis d’éviter la dislocation du Mali, des fragilités demeurent, notamment sur le plan sécuritaire, ce qui nécessite une surveillance quotidienne éprouvante de la force G5 sahel et de ses alliés internationaux.

Cette situation pèse sur le développement économique du Mali, l’incertitude inquiètent les acteurs économiques. Comme d’autres pays, le Mali voit ses recettes diminuer et ses dépenses augmenter en pleine épidémie COVID-19. En mai dernier, le Gouvernement annonçait d’ailleurs une augmentation de son budget de 6,7% pour l’année 2020. C’est dans un contexte dégradé que le pays a subi le ralentissement de la croissance mondiale : Le FMI (Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 1,5% en 2020, contre 5,1% en 2019.

Au niveau national et au niveau international, le Mali doit à nouveau préparer sa transition en regagnant la confiance de ses acteurs économiques. Les militaires maliens acteurs du coup d’État ont annoncé la tenue d’élections présidentielles dès que possible. Quelque soit le résultat du processus électoral, seuls des résultats concrets (Au niveau économique, social et sécuritaire) permettront au vainqueur d’assoir sa légitimité.

Matthieu Remonnay, fondateur chez Afrique Business Info

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