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Dans la corne de l’Afrique, la percée chinoise pousse la France à revoir sa copie.

Route maritime internationale, la corne de l’Afrique occupe une position géostratégique cruciale, que la Chine a vite fait d’occuper au point de pousser les traditionnels partenaires des pays de cette région, notamment la France, à revoir leur copie.

Très instable depuis plusieurs décennies, la corne de l’Afrique a tourné la page aux conflits en faveur du développement depuis 2010, avec la réconciliation des frères rivaux Djibouti, Érythrée, Somalie et Éthiopie, couronnée par un accord régional en 2018.

La région n’a pas pour autant échappé à Pékin qui vise à l’inclure dans sa nouvelle ‘‘route de la soie’’, avec l’installation à Djibouti de sa seule base militaire à l’étranger. Mais l’implication chinoise va bien plus loin.

La Chine à Djibouti, en Éthiopie, au Kenya, c’est aussi des routes, des ponts, des banques et un programme d’industrialisation, avec par exemple en Éthiopie la construction d’un parc de 56 ateliers de textile employant une main-d’œuvre locale, pour une valeur de 214 millions d’euros, selon la Commission éthiopienne de l’investissement.

Pékin a même construit un nouveau chemin de fer électrique en Éthiopie, au détriment de l’ancienne voie ferrée franco-éthiopienne, appuyé d’initiatives financières en faveur des 100 millions d’Ethiopiens.

Des facilités de développement économique et sociale devant lesquelles la France ne pèse pas lourd, a estimé le chercheur Marc Lavergne dans son décryptage des enjeux géopolitiques en Afrique de l’Est, publié dans le journal le Monde.

Face aux routes, aux banques et aux industries chinoises en Afrique, la France a choisi de booster la croissance des PME, afin de freiner l’avancée de Pekin dans cette partie du monde.

En tournée du 11 au 14 mars dans l’Est africain, le président français Emmanuel Macron a annoncé à Nairobi au Kenya, le lancement de Choose Africa, une initiative économique soutenue d’une enveloppe de 2,5 milliards d’euros afin d’accélérer la croissance des PME.

Ces ressources qui seront mobilisées par l’Agence française de développement, accompagneront 10.000 entreprises, d’ici 2022.

Emmanuel Macron a également annoncé à Nairobi l’obtention de 3 milliards d’euros de contrats pour des entreprises françaises, dont un contrat de 1,6 milliards d’euro avec le groupe Vinci pour la construction et la concession pour 30 ans d’une autoroute au Kenya.

Dans ce pays, 80% de la population active travaille dans le secteur informel. Des chiffres qui sont pratiquement identiques dans la plupart de la quarantaine des pays africains qui bénéficieront du projet Choose Africa, Selon le Gouvernement Français, qui a ajouté un volet environnemental au programme.

‘‘Cet investissement français sera propre et respectueux de l’environnement’’, s’est targué Emmanuel Macron, au One Planet Summit à Nairobi, en référence aux projets chinois en Afrique qui généralement ne sont pas accompagnés d’une garantie de protection environnementale.

‘‘Nous faisons partie du camp des déterminés. On doit changer en profondeur notre modèle. C’est-à-dire remettre au cœur de l’économie de marché, la place de l’environnement’’, a insisté le président français, prévoyant aussi d’investir dans les réseaux de distribution des énergies, ”surtout des énergies renouvelables’’ en Afrique.

Ange Tiemoko.

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