Angola : La diversification de l’économie, une priorité urgente pour le gouvernement.

Déjà très engagé dans un processus de libéralisation d’une économie longtemps sous contrôle de gouvernants marxistes, le président angolais João Lourenço poursuit aujourd’hui une politique de diversification de l’économie de l’Angola, très dépendant du pétrole dont il est un des principaux producteurs d’Afrique.

Le président de l’Agence d’Investissement Privé et de Promotion d’Exportation d’Angola, Licínio Vaz Contreiras, s’est réuni le 20 février à Luanda avec le directeur du Boston Consulting Group (BCG) en Angola, Alexandre Gorito, et une délégation de hauts profils d’investisseurs étrangers. 

Le but de cette session était de discuter des moyens d’attirer l’investissement privé en Angola, des secteurs porteurs et des facteurs de succès des investissements étrangers. Un communiqué du BCG précise que cela fait partie d’une rencontre organisée par Invest Africa entre le 19 et le 21 février.

L’ambitieux programme d’investissement du président João Lourenço vise à développer les atouts agricoles, touristiques, et miniers du pays. Le gouvernement prévoit par exemple d’investir 203 millions d’euros sur les six prochaines années dans une initiative lancée en décembre visant à renforcer le commerce agricole.

L’Angola cherche actuellement a à privatiser plusieurs grandes compagnies d’état, notamment pétrolières. Depuis sa prise de pouvoir en 2017, le président Lourenço a fait plusieurs pas vers la libéralisation économique.

Le programme de réforme a déjà apporté des progrès significatifs, dont l’élimination d’une loi exigeant que les investisseurs étrangers s’associent à des firmes locales, et la révocation d’un système de change fixe, dans le but d’éliminer la différence entre le taux de change officiel et celui du marché informel,” écrit Aubrey Hruby dans un article publié sur le site du think-tank américain Atlantic Council. 

Aujourd’hui, l’Angola se focalise donc sur la diversification économique pou réduire sa dépendance du pétrole. Troisième producteur de diamant d’Afrique, le pays a organisé en fin janvier sa première enchère de diamants, qui a rapporté plus de 14 millions d’euros. L’or, le cobalt, le manganèse et le cuivre ont aussi de grands potentiels.

Cependant le secteur sur lequel se penche le plus vigoureusement le gouvernement est l’agriculture. A l’époque coloniale portugaise, l’Angola était auto-suffisant, exportant du café, du maïs et du coton. Les investissements de l’état visent à assister les petits agriculteurs pour dynamiser la consommation locale et l’exportation. Bien que l’Angola compte 58 millions d’hectares de terres arables, plus que la taille de la France métropolitaine, seuls 10% de ces terres sont exploitées dû principalement au manque de moyens d’irrigation.

Le gouvernement va donc procéder à un recensement de son secteur agricole et y attribuer un budget de 22 millions d’euros qui sera mené en mars, avec un crédit de la Banque Mondiale, a annoncé le 18 février Paulo Fonseca, directeur du département de recherche et de recensement de l’Institut National de Statistique. Grâce à cet état des lieux, l’état pourra comprendre ses secteurs agricole et halieutique afin de mieux les intégrer.

Finalement, de nombreux marchés peuvent se cacher derrière les colossaux projets infrastructurels. Une commission vitivinicole portugaise réalisera fin février une campagne de promotion à Luanda, le deuxième marché d’exportation des vins portugais, avec au programme des dégustations et des formations pour professionnels, selon le quotidien portugais Observador.

Emile Glass.

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