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Algérie : Un hub africain en crise.

L’Algérie fait face à une crise politique qui a commencé depuis que le président sortant Abdelaziz Bouteflika a confirmé son intention de briguer un cinquième mandat. 

Vingt ans après son accession  au pouvoir, la société algérienne a bien changé. Désormais, elle est majoritairement jeune (Plus de 50% ont moins de 30 ans), elle est connectée et très informée, elle est aujourd’hui l’avant-garde de la contestation. 

Si un dialogue constructif se construisait entre le pouvoir et la jeunesse algérienne, on pourrait voir la libération des forces économiques nationales de l’Algérie et l’assouplissement de l’administration. Les jeunes investisseurs et entrepreneurs algériens appellent en effet de leur vœux une réglementation simplifiée pour conquérir au sud les marchés subsahariens et au nord les marchés européens. 

La contestation pourrait toutefois se cristalliser sur la personne du Président sortant de l’Algérie et entraîner le pays et l’Afrique du nord dans une crise profonde. 

Premier partenaire économique africain de la France, tout affaiblissement des autorités actuelles peut avoir de graves conséquences économiques. Si les manifestations devenaient  violentes, si l’on observait aussi des mouvements migratoires dont l’importance est impossible d’évaluer malgré les prévisions déjà alarmistes de certains partis politiques, l’économie algérienne ne pourrait pas être aussi performante qu’aujourd’hui. 

Important 10% de son gaz de l’Algérie, la France devrait trouver un autre débouché très rapidement dans un contexte international de défiance et de protectionnisme grandissant. Alliée de la France dans la lutte contre le terrorisme, une Algérie affaiblie provoquerait une instabilité dans l’ensemble de la région, du Maroc au Mali et de la Libye à l’Égypte. 

Avant de confirmer sa candidature, le Président a toutefois fait un premier geste en proposant d’organiser des élections anticipées s’il était réélu. Des prochaines élections ont été promises sans une 6ème candidature du Président actuel. Si la promesse est inédite, elle représente une première étape dans le dialogue inter-algérien qui se poursuivra certainement après les élections présidentielles du 18 avril 2019.

Matthieu Remonnay

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