Afrique : Une dette qui fait pschitt?

« Nous devons savoir aider nos voisins d’Afrique à lutter contre le virus plus efficacement, les aider aussi sur le plan économique en annulant massivement leur dette » a annoncé avec surprise le Président français, Emmanuel Macron lors de son allocution à la nation du 13 avril 2020. Cela augure peut-être des changements profonds dans les relations entre l’Afrique et l’Occident.

Cette déclaration a été suivie par l’annulation d’une partie de la dette de 19 États africains : Les obligations du Bénin, du Burkina Faso, de la Centrafrique, du Tchad, des Comores, de la République démocratique du Congo, de la Gambie, de la Guinée, de la Guinée Bissau, du Liberia, de Madagascar, du Malawi, du Mali, du Mozambique, du Niger, du Rwanda, de Sao Tomé-et-Principe, de la Sierra Leone et du Togo seront supprimées par le Fonds Monétaire International (FMI) pendant une première phase de 6 mois jusqu’à 461 millions d’euros.

D’autres pays ont contribué unilatéralement au Fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes du FMI pour que l’effort budgétaire des États africains se concentre sur la gestion de la crise sanitaire. C’est déjà le cas du Japon et du Royaume-Uni qui ont ajouté respectivement 170 millions d’euros et 92 millions d’euros.

Le G20 est allé dans le même sens en décidant de suspendre le service de la dette de 77 pays en développement (dont 40 pays africains), ce qui libèrera 14 milliards de dollars. S’il s’agit pour l’instant d’un simple report d’échéance d’un an, le moratoire sur les dettes africaines prévoit déjà leurs annulations.

En plus de l’annulation progressive des dettes, l’économie africaine sera boostée pour que les populations puissent profiter du prochain bond mondial. L’Union européenne avait déjà promis au début du mois 15 milliards d’euros pour aider les pays africains les plus pauvres.  

La pandémie du COVID-19 déstabilise complètement le système international qui a déjà montré ses faiblesses, notamment durant la crise économique de 2008. Le surendettement chronique d’une partie des États africains semblait convenir pour maintenir un rapport de force favorable aux puissances qui détenaient les obligations. Désormais, les pays les plus riches doivent payer chèrement les économies d’hier pour « sauver » les profits de demain… Les Africains ne s’attendent pas à une générosité soudaine, s’ils doivent rester vigilants, ils peuvent tirer profit de de cette situation. En effet, ce n’est pas la philanthropie qui pousse les pays développés à sortir leur chéquier, mais leur besoin économique.

Matthieu Remonnay, Fondateur chez Afrique Business Info

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